25 avril 2008

"Au milieu de vous"...

 

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         Bach - Toccata et fugue       /     Icône éthiopienne - La Cène


 

20 décembre 2007

Une autre chose...





à suivre :


Une autre chose...



… ou la même chose,
mais autrement dite…
:


Ici

 

 

 

16 octobre 2007

Amitié judéo-chrétienne à Antibes - Juan-les-Pins. Programme 2007-2008

 

 

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01 octobre 2007

Philo-Sophia - programme 2007-2008

 

ACADEMIE CLEMENTINE
CERCLE PHILO-SOPHIA

Place Sophie Laffitte, salle Bérény
le vendredi, entre 12h15 et 13h45

Un cercle de philosophie


4c365f2a615cfed043930d41bb309691.jpgLa Fondation Sophia Antipolis a noué un partenariat avec la Délégation Diocésaine à la Culture pour la mise en place du "Cercle Philo-Sophia", un programme de déjeuners-débats se déroulant les vendredis. Ces réunions hebdomadaires, qui ont débuté en octobre 2004, s'articulent autour des thèmes suivants : Le Sens, Les Sens, L'Interprétation de l'Existence et ses conditionnements dans un monde poly-culturel et multi-ethnique confronté à des choix éthiques. Des séminaires en local, proposés par le Père Vincent-Paul Toccoli, sdb, présenteront un panel œcuménique d'invités azuréens, spécialisés dans des disciplines telles la philosophie, la psychanalyse, la linguistique et les religions.

 

Président Fondateur : Vincent-Paul TOCCOLI

Bureau :
- direction : Jean-François MATTEI
- programmation : Eve DEPARDIEU - evedepardieu@aol.com

 



CERCLE PHILO-SOPHIA

- Vendredi, de 12h15 à 13h45,
à Sophia Antipolis, place Sophie Laffitte, salle Bérény -


Calendrier 2007 – 2008

 

Enregistrements


12/10/07

Toccoli : 1- intro :
Réel et

représentation

A 17h,
à Cannes :
Colloque
sur le
réenchantement
du monde

19/10/07

Mathis : René Girard,
homme de lettre,

philosophe
et académicien

Enregistrement

26/10/07 Toccoli : 2- La pensée grecque : Chaos et mythe
Vacances Toussaint :
du 27/10 au 8/11
16/11/07

Mathis : Emergence
de la vérité

Enregistrement

23/11/07

Depardieu : "Le Chaos",
un si petit
mot
pour de si
grands effets !

Enregistrement

30/11/07 Depardieu : débat :
La pensée
du chaos
change-t-elle
notre rapport
au réel ?

Et à 19h30
Médiathèque
Noailles
à Cannes,
rencontre
animée
par Eve
Depardieu

7/12/07

Wilkin : Egypte ancienne,
cosmogonie du chaos

Enregistrement

14/12/07

Guez : Le chaos biblique -
I : création du monde,
selon la sagesse
hébraïque

Enregistrement

21/12/07 Toccoli : 3- L'infigurable
chaos
Vacances Noël :
du 22/12 au 7/01/08
**2008** ********2008******** *2008*
11/01/08 Toccoli : Chaos de la
politique,
politique du chaos
18/01/08

Poupin : Le chaos…
Vacance de
pouvoir ?

Enregistrement

25/01/08

Mathis : Evolution et finalité

Enregistrement

1/02/08

Gouirand : L'hédonisme chez Epicure -1

Enregistrement

Et à 19h30
Médiathèque
Noailles
à Cannes,
rencontre
animée
par Eve
Depardieu
8/02/08 Gouirand : L'hédonisme chez Epicure -2
Vacances Hiver :
du 9/02 au 25/02
29/02/08

Mathis : Cerveau et Liberté

Enregistrement

7/03/08 Toccoli : 4- Penser à la
chinoise
14/03/08 Depardieu : Chaos et raison
pratique :

"Le chaos, la
bonne affaire…!"
21/03/08

Besson-Médouni :
Petites
variations
sur le chaos

28/03/08 Poupin : Le chaos
Ordre antérieur ?

4/04/08

Poupin : Le chaos…
Anti-être

néantifique ?

Enregistrement

 

Vacances Printemps :
du 5/04 au 21/04
25/04/08

Toccoli : 5- Correspondance
yin
yang

Et à 19h30
Médiathèque
Noailles
à Cannes,
rencontre
animée
par Eve
Depardieu

Congés

16/05/08

En mai : 1, 8

Elie-Léo Guez
Le chaos dans le récit biblique de la création de l’homme

Enregistrement

 

23/05/08 Ève Depardieu
30/05/08

Poupin : Le chaos…
Pouvoir
de devenir
?

Enregistrement

6/06/08

Toccoli : Concl. : Le contraste harmonisé

Enregistrement

13/06/08 Depardieu : Synthèse et
Bilan
des
rencontres

 

25 septembre 2007

Alandado - Les cathares



L’association culturelle protestante « ALANDADO » propose :


Vendredi 28 septembre 2007 à 20h30 au temple d’ANTIBES 


« LES CATHARES ET LA NOSTALGIE DE L’ETERNITE »

par le Pasteur Roland POUPIN.


« L’homme est un dieu tombé qui se souvient des cieux » écrivait le poète. Presque cathare !
Si ce n’est que, pour les cathares, ce souvenir n’est pas spontané. Nous avons oublié le paradis céleste duquel nous sommes déchus, désormais exilés dans les « tuniques d’oubli » de nos corps temporels. La mission de l’Eglise cathare fut de réactiver la mémoire perdue en communiquant le don de l’Esprit saint, par le « consolament », via l’imposition des mains des « bonshommes » appelés parfaits par les inquisiteurs … qui sont parvenus à leurs fins : les « parfaits » cathares ont été exterminés jusqu’au dernier : reste-t-il alors un salut, une consolation, une voie de retour au paradis céleste ?.....




 

22 juillet 2007

Jazz à Juan - Célébration oecuménique 2007






FESTIVAL DE JAZZ 2007
CÉLÉBRATION ŒCUMÉNIQUE
22 Juillet 2007






Bienvenue à tous de la part des communautés catholique et réformée de notre ville. À travers un moment de louange conduit par CRAIG ADAMS & The Voices of New Orleans.





Clôturant ainsi avec eux le festival de jazz, c’est avec reconnaissance que nous nous tournons vers Dieu, ensemble, pour ce temps de louange.
Après notre commémoration de la fin de l’esclavage l’an dernier, notre temps de célébration de cette année aura pour thème, comme enchaînement naturel :

« Naître à la liberté ».
(Bienvenue en italien, anglais et allemand).



Voices of New Orleans :

Walking the light


(
Bernard :)
Toute naissance est une épreuve ; elle suppose le passage d’une condition de vie à une autre, parfois un saut dans l’inconnu. Cela peut-il aller sans douleur ?

(Marie-Odile :)
Un cri

D’abord la naissance est un cri.
C’est ainsi que chaque nouveau-né
manifeste qu’il existe.
Ce cri est une gigantesque bataille,
un assaut furieux
dont la naissance est l’enjeu,
lutte au corps à corps, combat de vie et de mort.
Pour échapper à l’asphyxie,
le nouveau-né doit inventer ses poumons.

Il descend jusque dans la tombe
pour arracher ce souffle créateur.
Ce cri est une victoire,
c’est le cri de la liberté !

(Roland :)
En vérité, en vérité, je te le dis: à moins de naître de nouveau, nul ne peut voir le Royaume de Dieu. […]
Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l’Esprit est esprit.
Ne t’étonne pas si je t’ai dit: Il vous faut naître d’en haut.
Le vent souffle où il veut, et tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. Ainsi en est-il de quiconque est né de l’Esprit.
Jean 3, 3 & 6-8

Voices of New Orleans :

The lord is blessing me
(voir la vidéo ci-dessus)

(
Bernard :)
Si j’accepte de naître ou renaître, c’est que j’espère en un à venir meilleur ; Se libérer de tout ce qui enchaîne les germes d’à venir, est la condition de toute naissance nouvelle.

(Lise-laure :)
Comme un papillon

Chaque fois que j’essaie
de me libérer de mes ombres
pour me laisser envahir par ta lumière,
c’est Ta Résurrection qui m’envahit.
Une folle espérance alors me donne envie de vivre,
me met « en vie » de vivre,
et bouscule l’ombre des tombes…
Parce qu’en toi, un jour, libéré de ma gangue,
je m’éveillerai « papillon ».

Chaque fois que j’accepte,
au lieu de les subir,
les petits renoncements quotidiens,
mes petites morts quotidiennes…

Chaque fois que je m’efforce
de transformer ma mauvaise humeur en sourire,
c’est la Résurrection qui entre dans ma vie.
Alors, comme un papillon,
je meurs et je deviens…
André-Marie

(Roland :)
Voici donc l’alliance que je conclurai avec [eux] : je déposerai mes enseignements au fond d’eux-mêmes, les inscrivant dans leur être; je deviendrai Dieu pour eux, et eux, ils deviendront un peuple pour moi.
Jérémie 31, 33

Voices of New Orleans :

Soon it will be done

(
Bernard :)
Sans affirmer que tout est clair ou sombre, force est de reconnaître qu’il faut se libérer du vieil homme qui se sclérose, pour percer la chrysalide et s’ouvrir parfois dans une profonde déchirure aux lendemains qu’on a tant espérés…

(Philippe :)
Déchirure

La naissance est une séparation,
un arrachement,
une mort.
Pour créer, Dieu sépare
la lumière et les ténèbres,
l’eau et le sec,
le ciel et la terre.
Créer, c’est choisir,
et choisir, c’est séparer,
c’est arracher.
Pour que naisse
ce qui n’est pas encore,
Ii faut que meure ce qui est…
La vocation de l’homme
Est précisément cet arrachement.
Le nouveau-né
doit s’arracher
au ventre maternel,
s’arracher au nid,
se distinguer de sa mère,
se distinguer du monde qui l’entoure.
L’Homme ne devient homme
qu’arraché au non-sens,
à l’absurde.
L’homme n’existe que comme distinct,
comme différent,
comme personne.
La naissance n’est possible
que dans une distance…
La liberté est une déchirure.
Jean DEBRUYNE

(Roland :)
Nous le savons : la création tout entière gémit maintenant encore dans les douleurs de l’enfantement. […]
Elle aussi sera libérée de l’esclavage de la corruption, pour avoir part à la liberté et à la gloire des enfants de Dieu.
Romains 8, 22 & 21

Voices of New Orleans :

Glory Glory Hallelujah

(
Bernard :)
S’ouvrir à la vérité : mais qu’est-ce que la vérité ? Au-delà des formules ou des lois, pour un croyant la vérité ne serait-elle autre qu’un Autre qu’on a cru reconnaître comme Maître et phare dans nos vies ?


(Doris et Jean-Gabriel :)
La Vérité

La vérité n’est pas un dépôt,
La vérité n’est pas un héritage,
Ce n’est pas un musée,
Ce n’est pas une conserverie,
Ce n’est pas un coffre-fort,
Ce n’est pas une valeur,
Ce n’est pas obligatoire,
Ce n’est pas une certitude,
Ce n’est pas un enseignement,
Ce n’est pas un catalogue,
Ce n’est pas un argument,
Ce n’est pas une propriété,
Ce n’est pas une mémoire,
Ce n’est pas une idée.

La vérité n’est pas légale :
C’est une naissance !

Il faut naître à la vérité !
Jean DEBRUYNE

(Roland :)
Je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau. J’enlèverai votre cœur insensible et je le remplacerai par un cœur réceptif.
Je mettrai en vous mon Esprit […].

Ézéchiel 36, 26-27a

Voices of New Orleans :

Total praise

(
Bernard :)
Naître au bonheur : la joie naïve et spontanée de l’enfant, celle du regard qui sait s’émerveiller, se sentir pardonné de ses fautes ou erreurs… Tel est le message de l’Evangile !

(Josiane :)
Toutes choses en Christ…

Donne-moi, Seigneur, aujourd’hui de nouveaux cieux et une nouvelle terre.

Donne-moi l’émerveillement de l’enfant qui ouvre son premier regard sur le monde,
la joie de l’enfant qui découvre ta splendeur en chaque chose ;
en chaque être rencontré, un reflet de ta gloire.

Donne-moi la joie de celui dont les pas sont nouveaux.

Donne-moi le bonheur de celui dont la vie est chaque jour neuve et innocente et espérante, chaque jour pardonnée.

Donne-moi de reconnaître toutes choses en Christ, arbres et champs, demeures et travaux, bêtes et gens, d’être reconnaissant, ô mon Dieu !
Michel Bouttier

(Roland :)
Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées; voici : toutes choses sont devenues nouvelles.
Et tout cela vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui par Christ, […]
Car Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même, sans tenir compte aux hommes de leurs fautes […].
2 Corinthiens 5, 17-19

Voices of New Orleans :

Trouble in my way

(
Bernard :)
Naître à la vérité, c’est marcher ensemble vers un à venir qu’on espère meilleur et fraternel…

(Christine et Philippe :)
Se mettre en route

Naître, c’est quitter l’immobilisme qui nous fige,
C’est entrer en mouvement
et mobiliser toutes ses énergies,
celles du corps et celles du cœur,
pour tendre vers un même but.
Naître,
c’est créer l’harmonie
entre les yeux et le regard,
entre l’oreille et le son,
entre les lèvres et la parole.
C’est passer de la nuit à la lumière.
Naître,
c’est choisir une direction,
et c’est partir ensemble afin de vivre,
de vivre de retrouvailles,
de vivre la rencontre.
Naître,
c’est ne plus être seul,
car c’est tout un peuple qui se met en mouvement,
et c’est tout un peuple qui se met en marche,
c’est tout un peuple qui est en espérance,
en attente d’une promesse inouïe.
Naître,
c’est notre affaire,
il y va de notre vie, de notre avenir.
Oui, naître, c’est vraiment l’histoire d’un peuple.
Robert Riber

(
Bernard :)

Au terme de cette réflexion et célébration, nous vous invitons, chacun selon sa langue et selon ses convictions à dire ensemble la prière des chrétiens : le Notre Père ; et pour cela nous invitons ceux qui peuvent le dire ensemble à se lever :

Notre Père qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour ;
pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons
aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous soumets pas à la tentation
mais délivre-nous du mal,
car c'est à toi qu'appartiennent le règne, la puissance et la gloire,
aux siècles des siècles. Amen.

Voices of New Orleans :

Amen

Happy Day

(
Bernard :) Merci à toutes et à tous : aux responsables du Festival de jazz qui nous ont fait l’honneur de clôturer ces quelques jours de fête, aux chanteurs et musiciens qui ont porté notre prière, aux techniciens sans lesquels il n’y aurait pas de parole audible ! Vous trouverez à votre disposition gracieusement des Nouveaux Testaments sur les tables à la sortie.





28 mai 2007

Philo-Sophia - Fiches d’interventions


LE CERCLE
PHILO-SOPHIA


Place Sophie Laffitte - Salle BERENY

le vendredi, entre 12h15 et 13h45


4c365f2a615cfed043930d41bb309691.jpgPrésident Fondateur :
Vincent-Paul TOCCOLI
Bureau : - direction :
Jean-François MATTEI
- programmation : Eve DEPARDIEU
- intervenants :
Bruno Giuliani, Roland POUPIN, Elie-Léo GUEZ, Pierre GOUIRAND, Vincent-Paul TOCCOLI, Eve DEPARDIEU.
CONTACT : evedepardieu@aol.com
04.93.13.01.45


 

Fiches d’interventions

(Synthèse de Eve Depardieu)


***************************

Vincent-Paul TOCCOLI :
Prêtre, Expert en Bouddhisme, Psychanalyste, Coach, Consultant.


Thèmes des interventions  (octobre 2004 – février 2007) :

- 26/11/04 : Positif/Négatif // Bien/Mal (1).
- 7/01/05 : De l'interprétation de l'existence et de ses conditionnements.
- 4/03/05 : Positif/Négatif // Bien/Mal (2).
- 8/04/05 : Plaisir, Bonheur, Joie (1) 
- 15/04/05 :    "            "             "  (2)
- 29/04/05 :    "            "             "  (3).
- 20/05/05 : Amour/ Compassion/ Charité.
- 3/06/05 : Le rapport au temps.
- 7/10/05 : Pourquoi Philosophie et Spiritualité ?
- 21/10/05 : La tentation humaniste : sur quoi fonder la dignité de l'homme ?
- 16/12/05 : La tentation dionysiaque : Humain, inhumain, déshumanisé, les dérives de l'homme crée.
- 6/01/06 : La tentation prométhéenne : le sacre de l'individu et la désacralisation de Dieu.
- 3/02/06 : La tentation idéologique : vision de l'homme, du monde, de Dieu.
- 24/03/06 : La tentation esthétique : les miroirs de la virtualité ou la médiamorphose.
- 7/04/06 : La schizophrénie originaire (improvisation en remplacement de J-M Dagrève).
- 2/06/06 : La tentation du leurre : les langages de la séduction.
- 9/06/06 : Une nouvelle anthropologie : la médiamorphose.
- 8/12/06 : De l'insolence : nécessité de la question permanente.
- 12/01/07 : De l'exigence : nécessité de la transgression permanente.
- 9/02/07 : De la frugalité : la nécessité de l'indifférence pratique.


→ Sur le chemin du salut par le questionnement :

Un aperçu des questions posées au fil des rencontres,
- A quoi tient la vie, ma vie ?
- Qui détient le sens et les clefs du sens, des codifications ?
- Quels sont les critères d'analyse et de fonctionnalité ?
- Si le fait d'être conscient engage ma responsabilité : je suis responsable devant qui, et de qui, de quoi et pourquoi ?
- Puis-je avoir la joie, si je dois répondre de mes actes et engagements, de mes paroles, de mes ratés, de ma passivité, de mes sacrifices ?
- Une spiritualité sans dieu, sans transcendance, est-elle possible, au risque d'engendrer l'homme-dieu, maître du monde, avide de toute puissance ?
- Puis-je devenir "acteur" de ma propre histoire, et comment, sachant que l'homme se transforme par la chose même qu'il invente, et qu'en transformant la matière il s'éloigne d'elle vers un monde de plus en plus virtuel ?
- Dans le magma actuel d'informations et d'émotions, qu'est-ce qui fait sens ?
- Faut-il envisager un horizon diététique : une économie de la frugalité, de régimes tous azimuts ?
- Avec quels outils puis-je fabriquer du sens : ai-je le choix entre plusieurs scénarii, y a-t-il plusieurs issues ?
- Si la structuration de mon mental est "mon affaire", où trouver des systèmes opérationnels qui marchent, qui dépassent la schizophrénie originaire bien/mal, Positif/négatif, qui transforment et repoussent les limites, qui guérissent et donnent l'énergie d'inventer et de réinventer de nouveaux systèmes à chaque instant ?


***************************

Roland POUPIN
Pasteur (Eglise Réformée), Docteur en Philosophie et Théologie


Thèmes des interventions, (d'octobre 2004 à février 2007) :


Trajectoire d’une civilisation à visée universaliste : du tournant judéo-chrétien à la laïcité

 Du divorce judéo-chrétien au dualisme médiéval :

I. Du divorce judéo-chrétien à la gestion universaliste du monde
- 15/10/04 :  1)  Autour du drame de 70
- 22/10/04 :  2)  Entre 313 et la réforme grégorienne
II. Face au chaos
- 5/11/04 :  3)  La contestation du pouvoir comme lieu de l’universel
- 12/11/04  4)  La contestation dualiste du mal – la signification de la crise cathare

De la rencontre du « naturalisme » arabe à la laïcité deux fondements de la laïcité :
III. La nature – le tournant arabo-aristotélicien et thomiste
- 11/02/05  5)  L’émergence d’un nouveau concept de la création (monde arabe musulman et juif)
- 25/02/05 : 6)  L’intégration latine (averroïste latine et thomiste) de la nature commune
IV. La Loi – la Réforme et l’histoire du calvinisme
- 18/03/05 :  7)  Luther et le déplacement ecclésiologique
- 1/04/05 : 8)  Le calvinisme et le refondement scripturaire

- 13/05/05 :
Développements, perspectives et dérapages :
V. Loi naturelle, liberté et laïcité
         9)  Les développements puritains et les Révolutions
VI. De l’esclavage industriel au biologisme. D’espérance en perspectives d’écroulement
       10)  Naturalisme et classifications. Les philosophies post-galiléennes.
              Vers un repérage d’interstices de la transcendance ?


L’exil et la nostalgie : entre la pourriture de l’avenir et le mensonge de la mémoire

- 4/11/05 : Une thématique de l'exil : le sentiment de l'exil et son expression métaphysique.
- 27/01/06 : Le terreau du lendemain : l'espoir de nouveaux jours et la poursuite d'un mieux.
- 10/02/06 : Les déplacements de la nostalgie : notre passé historique et le sein maternel.
- 5/05/06 : Des mythes de l'exil à l'entrée dans le présent : du châtiment à l'épreuve, de la mission au quotidien.


La république survivra-t-elle aux colonies ?

- 10/11/06 : La république survivra-t-elle aux colonies ? I – 1492-1685
- 30/03/07 : La république survivra-t-elle aux colonies ? II – 1794-1802
- 13/04/07 : La république survivra-t-elle aux colonies ? III – 1848-1931
- 25/05/07 : La république survivra-t-elle aux colonies ? IV – 1945-2007


→ Histoire de la quête d'un sens commun de l'universel :

Dans une grande fresque transhistorique nous apparaît le récit de la constitution de l'idéologie universaliste, qu'incarnera l'idéal républicain avec la déclaration universelle des droits de l'homme, visant un certain expansionnisme.
Avons-nous vocation à l'universel alors que nous nous heurtons au problème immense de l'incarnation des idées dans la matière, de la spiritualité dans des corps, de la divinité dans l'humain ?
Mais qui va déterminer l'universel, le légitimer, le justifier alors que nous n'avons que des universaux liés à des lieux, à des époques et des cultures différentes ?
Avons-nous vraiment la mission universaliste de sauver le monde, face au chaos, et par-là, de nous sauver nous-mêmes ?
Comment faire si nous sommes coresponsables de ce qui arrive et nous arrive, jusqu'à même parfois en arriver à regretter d'être nés ?
Si le monde est trans-temporel et l'espace infini, comment comprendre le phénomène de la création avec une unité de lieu et de temps ? L'histoire de la création est nostalgique : histoire de la perte d'un idéal d'unification, d'un éloignement irréductible des racines, d'un commencement sans cesse modifié, divisé par des informations multiples, et cela de manière irréversible ?
Sommes-nous dans une quête infinie et éperdue d'un universel qui sans cesse s'estompe… ?


***************************

Avraham VANWETTER
Sociologue, Historien, Sciences politiques, Cofondateur du Centre de Recherche sur les Sciences du Judaïsme


Thèmes des interventions, (novembre - décembre 2004) :

- 19/11/04 : 1 – Hegel et l'éthique de la guerre. 2 – Imaginer la paix, ce n'est ni "la rêver ou l'halluciner, mais la concevoir, la vouloir, l'espérer" Paul Ricoeur.
- 17/12/04 : Dieu et l'univers : Dieu infiniment bon peut-il vouloir le mal ?


→ Invitation au procès de la guerre sous toutes ses formes :

En commençant par se méfier des idéologies de la libération qui contiennent en elles des germes de guerre : la guerre advient quand le procès s'arrête et échoue, c'est-à-dire quand le discernement et la faculté de juger n'ont plus le dessus ! La guerre trouve ses justifications dans toutes les formes de confusion, quand le trouble s'installe, ainsi, aujourd'hui, dans la confusion des forces civiles et des forces armées qui s'affrontent dans des combats internes incessants, ou qui s'allient pour mener des luttes sans merci ...

Le problème du mal : (pas de notes disponibles sur cette conférence….)


********************************

Jean-Marc DAGREVE
Docteur en Philosophie, Professeur.


Thèmes des interventions, (février – juin 2005) :

- 18/02/05 : Matrix : une interprétation contemporaine de "l'allégorie de la caverne" ?
- 22/04/05 : La notion de "philia" (amour) chez les Grecs et dans le christianisme.
- 10/06/05 : Les miracles auraient-ils leurs lois ?
 

→ Sur la piste des aventures de l'homme-dieu :

L'homme est le champion de l'invention de machines à fabriquer de grands rêves collectifs, en réalisant des syncrétismes globalisants (en faisant converger les aspects bibliques, théologiques, philosophiques, scientifiques,).
Il se réfugie dans un monde d'apparences, dans le confort des illusions…
Dans toutes matières il y a du "miracle" : des ressources de vie incommensurables, et l'homme qui les découvre et les exploite fait l'expérience de Dieu, mais en n'étant pas Dieu !
La "philia" est de l'ordre de l'incommensurable : cette capacité humaine à éprouver un amour désintéressé, de l'admiration, de l'émotion, du respect pour autrui, qui peut aller jusqu'au don de soi, l'oubli de soi, le sacrifice de l'éros, du sensuel et de toute intentionnalité matérielle !
Il y a également cette volonté de connaître à tout prix le Bien et la Vérité, avec la croyance, la conviction profonde qu'ils existent quelque part ! Même si c'est dérangeant, dangereux et qu'il faut le payer cher…
L'homme a cette incroyable capacité à s'émerveiller et à aimer croire encore et toujours au miracle !

 
***************************

Baptiste RAPPIN
En doctorat de Philosophie


Thèmes des interventions, (décembre 2004-mai 2005) :

-  3 décembre 2004 : Pourquoi travailler ?
- 10 décembre 2004 : Nietzsche : pour une interprétation symbolique des trois métamorphoses
- 21 janvier 2005 : Le sens de la guerre (1)
-  4 février 2005 : Le sens de la guerre (2)
- 27 mai 2005 : Monde moderne et Spiritualité
 

→ Comment être un univers à soi tout seul, sans peur et sans reproche, bravant la mort et libéré de toutes craintes ?
 
En travaillant… ! En faisant de ses passions son métier, car le travail transforme à force de luttes et de résistances internes et externes (contre soi-même et contre l'adversité).
Le combat est la trame de nos vies : il permet le développement de facultés de résistance, de conquête et d'expansion. Mais aujourd'hui il y a la liquidation des grands idéaux et la destruction des instances symboliques, d'où l'errance et l'isolement des sujets livrés à eux-mêmes, sans but final, sans futur constituant, sans morale édifiante, sans rites initiatiques ou expériences d'approche de la mort qui donnaient autrefois à chaque acte sa valeur et son importance, à chaque fois comme si c'était le dernier !
Quels sont alors les chemins libérateurs qui conduisent à la métamorphose en humain (cf. Nietzsche : chameau → lion → enfant), et qui ne soient pas encore et toujours des chemins de croix ?


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Jean GUILLON
Docteur en Lettres et en Droit


Thèmes des interventions, (novembre 2005) :

- 18 novembre 2005 : La conscience morale, instance d'humanisation (1)
- 25 novembre 2005 : La conscience morale, instance d'humanisation (2)


→ Émergence d'une force nouvelle : la conscience individuelle constitutive de notre liberté de penser.

L'édification de notre liberté de conscience est un long parcours, mais qui rend l'être humain capable de savoir comment s'y prendre pour poser correctement un problème et proposer des solutions pour agir, y compris pour agir sur soi-même, dans le domaine moral : l'être humain développe une force intérieure, une conscience morale de plus en plus fine, capable de prendre des décisions de plus en plus justes, cohérentes et adéquates : comment est-ce possible ? Il a fallu longtemps à l'Eglise pour admettre l'autonomie de la conscience individuelle, la liberté d'une faculté de discernement capable de délibérer avant de prendre une décision et d'agir. La conscience se révèle formidablement efficace comme instance à la fois délibérante (qui opère des analyses et des synthèses), normative (légiférante), responsabilisante (capable d'assumer les conséquences des décisions et des actions, en développant une force de résistance jusqu'à la désobéissance ou le refus d'agir), enfin capable d'évaluer ses limites et de reconnaître ses erreurs, de les corriger et d'examiner la cohérence des objections qui lui sont faites. Elle permet une profondeur de champ de vision inédite, qui prend en compte les évolutions, les changements, les passages possibles d'un état à un autre !
 

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Pierre GOUIRAND
Docteur en Philosophie et Docteur d'Etat és-Lettres


Thèmes des interventions : (mars 2006 – février 2007)

- 10 mars 2006 : Aristippe de Cyrène, une morale du plaisir et de la liberté
- 17 mars 2006 : De Tocqueville, une certaine vision de le démocratie
- 1er décembre 2006 : Philoxénologie : la théorie de l'accueil
- 2 février 2007 : Xénopraxie : la pratique de l'accueil
 

→ Sur les pas d'Aristippe de Cyrène et de Tocqueville, à la recherche de tout un art de vivre.
 
Voici l'idéal de celui qui sait "rester étranger partout", isolé dans sa singularité et pourtant partie prenante de la société qui l'entoure : idéal d'un homme magnifié par le plaisir qu'il prend à vivre, un plaisir qu'il sait cependant mesurer et contrôler grâce à l'éthique qu'il se forge : cette éthique lui permet de savoir ce qui est bon pour lui, et rien que pour lui, pour la santé et l'équilibre de son corps dont il est vital de prendre le plus grand soin; et il faut vraiment beaucoup de discernement pour savoir prendre plaisir à vivre en toute quiétude parmi les autres, avec un maximum de sécurité et de sérénité.
Cet idéal d'équilibre entre ce qui est propre à chacun (ressenti en soi comme plaisir ou douleur) et tout ce qui est extérieur à soi, est difficile à réaliser, tout autant que l'idéal démocratique…
En effet, cet idéal politique d'une indépendance garantie à chaque individu crée un phénomène d'individualisation progressive où les intérêts égoïstes s'accroissent et finissent par se heurter au poids de la majorité en place (établie par le système) ressenti par les minorités, et à fortiori par chaque individu, comme de plus en plus tyrannique et écrasant.
Comment, dans ses conditions, devenir un citoyen démocrate et non tyrannique ?
Peut-être en exploitant davantage la sociabilité en germe en tout homme, en créant des liens entre les individus à l'aide de médiations : en développant la fibre associative, le sens civique, une conscience politique sensible à l'intérêt général et en affinant le sens de l'accueil : certains de nos ancêtres avaient poussé les techniques d'accueil très loin (en offrant le meilleur de ce qu'ils possédaient à l'étranger, assurant son repos et son bien-être avant même d'entamer la conversation !). Tout individu peut recevoir une formation aux techniques de l'accueil, c'est plus que nécessaire aujourd'hui pour réapprendre à savoir recevoir le voyageur, l'étranger, le sans toit, avec tous les honneurs et le respect dus à sa simple appartenance à l'humanité.

 
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Bruno GIULIANI
Professeur agrégé de Philosophie, Maître és-Sciences
 

Thèmes des interventions : (octobre 2006 – janvier 2007)
 
- 20 octobre 2006 : L'éthique ou la philosophie du bonheur, des origines à nos jours
- 19 janvier 2007 : Spinoza, précurseur de la révolution scientifico-éthico-politique à venir
 

→ Sur les pas de Spinoza, cheminons vers une éthique, comme science du bonheur.
 
La question primordiale à se poser est : quel est mon vrai désir, qu'est-ce que je veux, au juste, au plus profond de moi ? Il faut donc apprendre à repérer en soi les forces les plus mobilisatrices, créatrices et sources d'une joie infinie : en travaillant son "éthos", ses façons d'être, de se comporter, en faisant obstacle au "pathos", à la tendance à la passivité, à la soumission et au découragement : apprendre à réfléchir sur soi en relation avec les autres et le monde, être toujours en quête d'une éthique de vie.
 

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Robert MATHIS
Psychiatre, Spécialiste de Philosophie des Sciences  (Epistémologie et Phénoménologie)


Thème d'intervention : (février 2007)

- 16 février 2007 : Teilhard de Chardin : hominisation et/ou mondialisation ?
 

→ Avec Teilhard de Chardin nous arrivons au point de jonction de la théologie, de la philosophie et des sciences, là où la foi et la raison coexistent.
 
Nous partons à la découverte d'une conscience collective, d'un cerveau global où les forces physiques et psychiques s'interpénètrent et interagissent. En quête de vérité, nous approchons du point zéro, au confluent de toutes les énergies où toutes les forces se concentrent, prélude d'une explosion à l'origine de multiples émergences, en expansion, peut-être vers plus de complexité mais aussi de cohésion ! La matière semble avoir pris le dessus et être présente de manière plus abondante dans l'univers que l'antimatière : cela doit nous faire réfléchir…
 

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Eli –Léo GUEZ
Enseignant en Ressources Humaines et Communication, Psychothérapeute, Formateur, Coach
 

Thèmes d'intervention : décembre 2005 à décembre 2006
 
- 2 décembre 2005 : Philosophie de la tradition hébraïque : découverte d'une lecture de la quête de la sagesse des patriarches bibliques
- 9 décembre 2005 : Philosophie de la tradition hébraïque : Israël projet d'humanité : relecture de la tradition hébraïque au-delà des dogmes et des clivages religieux.
- 13 janvier 2006 : Sagesse spirituelle en psychothérapie et en coaching. Psychothérapie et spiritualité. Une autre vision de l'inconscient humain.
- 20 janvier 2006 : Sagesse spirituelle en psychothérapie et en coaching : le coaching transpersonnel; les limites du coaching personnel pour une ouverture vers un coaching qui donne sens à sa mission.
- 24 novembre 2006 : Construction d'une échelle des valeurs pour construire un coaching spirituel
- 22 décembre 2006 : l'apport de la sagesse hébraïque au service du développement d'une éthique universelle et d'une conscience morale


→ A la rencontre du cheminement spirituel d'un peuple prophétique, et de la démarche éthique d'un thérapeute, praticien du coaching spirituel

L'histoire du peuple juif est le récit de la mise à l'épreuve d'un peuple porteur d'une grande responsabilité : celle d'être un modèle, un prototype qui n'a pas droit à l'erreur, alors qu'il est sans cesse menacé par la déviance vers la domination et la prise de pouvoir ! Pour chaque individu, cela entraîne un travail sur soi comme sur un tout fait de matière et d'esprit et sans cesse animé par une quête spirituelle.
Mais comment aborder la spiritualité intérieure, découvrir son âme, sans référence à Dieu, à une religion, à une transcendance source d'inspiration ? Y a-t-il en moi quelque chose d'inaltérable qui fait mon unité, mon identité, mon originalité et me différencie de tout autre ?
Comment savoir quoi faire de mon moi et de ma vie ?
Ce travail de recherche est possible avec l'accompagnement d'un "coach", un médiateur spirituel qui aide l'individu dans son cursus, à évoluer de l'intérieur, à s'ouvrir au changement c'est-à-dire à se transformer lui-même plutôt que d'essayer, but illusoire, de changer le monde…
Cela donne une grande responsabilité avec une exigence d'honnêteté, car la tentation est grande de jouer aux apprentis sorciers. Il faut donc à la base une éthique de la responsabilité qui apprend à déjouer les pièges, les tricheries, les sabotages, les interférences (déjà entre soi et soi) et à éviter les perversions et dérives d'une emprise devenant trop rapidement possessive et dominatrice.
 

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Eve DEPARDIEU
DEA de Philosophie, Maîtrise de Sciences de l'Education et de Droit, Formatrice en techniques d'expression et de communication, Animatrice de discussions philosophiques


Thèmes d'intervention : janvier 2005 – février 2007

- 28 janvier 2005 : L'offensive des idées : l'aventure des "Cafés-Philo"
- 11 mars 2005 : Amour et Liberté sont-ils compatibles ?
- 14 octobre 2005 : Peut-on imaginer Sisyphe heureux ?
- 15 mars 2006 : Du politique : liberté et pouvoir
- 12 mai 2006 : De l'héritage : tradition et transition
- 19 mai 2006 : De la communication : qu'est-ce que parler veut dire ?
- 13 octobre 2006 : Le cercle Philo-Sophia : présentation du programme 2006/7
- 15 décembre 2006 : Nos représentations en crise ? I - Etats Généraux
- 26 janvier 2007 : Nos représentations en crise ? II – Entre apparences et illusions
- 23 février 2007 : Matières à penser : panorama des travaux du Cercle Philo-Sophia
 

→ Présentation d'une dynamique philosophique et d'une pratique qui invitent à la réflexion personnelle, à l'échange d'idées et à la discussion-débat.
 
Il s'agit de créer des conditions d'écoute et d'échange qui dynamisent l'esprit : qui excitent l'appétit de savoir, le désir de connaître, d'apprendre et de comprendre, d'approfondir les sujets, mais toujours avec une conscience aiguë des limites et des seuils. Savoir naviguer entre deux extrêmes : le culte du moi encombré d'obsessions narcissiques et la dépossession de soi par l'adhésion excessive à des systèmes d'idées préemballés : mais comment parvenir à cet équilibre et devenir vraiment créatif ?
Comment être partie prenante d'un destin fini et le porter avec soi, se l'approprier et même le pousser à pleine main en l'aimant passionnément ? La liberté fascine, souvent davantage à cause du pouvoir qu'elle donne sur soi-même et sur les autres que pour ses aspects innovants, quand elle permet de repérer tout ce qui enferme, aliène et avilit, toutes les formes de peur et de dépendance, afin de les dénoncer, de les surmonter, et ainsi de transcender l'humaine condition.
Existe-t-il vraiment des forces libératrices et créatrices qui n’œuvrent pas seulement au niveau individuel mais concernent aussi toute l'humanité, capables de déjouer les pièges du pouvoir et de la volonté de puissance et de dépasser le sempiternel rapport de force dominant/dominé?
La pensée n'est-elle pas une de ces forces ? Peut-être même la seule force qui pousse les individus à conquérir toujours plus d'indépendance et d'autonomie : penser c'est déjà agir, entrer en action en traduisant ses idées, convictions ou opinions en un discours cohérent et signifiant, d'abord pour soi, mais aussi recevable par autrui ; penser c'est créer des contenus dynamiques qui animent les échanges verbaux et peuvent donner envie d'entreprendre, de réaliser des projets : celui qui parle détient un pouvoir, mais à brève échéance s'il n'a pas l'art de la parole, c'est-à-dire la connaissance et la pratique de techniques pour se faire mieux entendre, écouter avec attention, bien comprendre et susciter des réactions et des questions.
Ce qui pose problème, ce sont les contenus de paroles chargés d'une telle diversité d'héritages socioculturels (tous les systèmes de représentation existants qui maillent et formatent l'esprit avec des quantités d'informations et de références interconnectées) : un individu bien équipé dispose de fascinants outils de démonstration, de persuasion, de séduction et de manipulation, mais aussi de provocation, pouvant déclencher chez ses interlocuteurs, indignation, opposition et révolte ! A partir de quand les facultés d'expression et de communication deviennent-elles des entraves ou, au contraire, des tremplins constitutifs de nouveautés ? Face à la profusion des théories, des modèles, des scenarii possibles pour le futur, les difficultés à trouver des repères, de la cohérence et du sens s'accroissent considérablement, exigeant des capacités de déchiffrage et de décodage de plus en plus larges et sophistiquées : d'où l'importance de multiplier les rencontres inter et pluridisciplinaires où il soit possible de confronter les connaissances et les idées, et de développer ainsi davantage le potentiel humain interactif et inventif.




24 janvier 2007

Philo-Sophia - programme 2006-2007 (mis à jour)





Le Cercle
Philo-sophia


Place Sophie Laffitte - Salle BERENY
le vendredi, entre 12h15 et 13h45



Président Fondateur :
Vincent-Paul TOCCOLI
Bureau : - direction :
Jean-François MATTEI
- programmation : Eve DEPARDIEU
- intervenants :
Bruno Giuliani, Roland POUPIN, Elie-Léo GUEZ, Pierre GOUIRAND, Vincent-Paul TOCCOLI, Eve DEPARDIEU.
CONTACT : evedepardieu@aol.com
04.93.13.01.45





OCTOBRE 2006 – JUIN 2007 : VENDREDI, 12h15-13h45, place Sophie LAFFITTE, salle BERENY, SOPHIA-ANTIPOLIS.

Enregistrements

 

13/10/06

Séance
d'ouverture

avec Eve DEPARDIEU
20/10/06 Bruno
GIULIANI
L'éthique ou
la philosophie du bonheur,
des origines à nos jours
10/11/06
Roland
POUPIN

La République survivra-t-elle
aux colonies ?
I – 1492-1685

24/11/06

Elie-Léo
GUEZ
Construction
d'une échelle
des valeurs pour construire
un coaching spirituel
1/12/06 Pierre
GOUIRAND
Philoxénologie,
la théorie de l'accueil
8/12/06 Vincent-Paul TOCCOLI De l'insolence :
nécessité de la question permanente
15/12/06 Eve
DEPARDIEU
Nos représentations,
en crise ?
I – Etats Généraux
22/12/06 Elie-Léo
GUEZ
L'apport de la sagesse hébraïque
au service du développement
d'une éthique universelle
et d'une
conscience morale
******** 2007 ********
2007
********
2007
12/01/07 Vincent-Paul TOCCOLI De l'exigence :
nécessité de la transgression
permanente
19/01/07 Bruno
GIULIANI
SPINOZA précurseur
de la révolution scientifico-éthico-
politique à venir
26/01/07 Eve
DEPARDIEU
Nos représentations,
en crise ?
II - Entre apparences et illusions
2/02/07 Pierre
GOUIRAND
Xénopraxie :
la pratique de l'accueil
9/02/07 Vincent-Paul TOCCOLI De la frugalité :
la nécessité de
l'indifférence pratique
+ notes
16/02/07 Robert
MATHIS
TEILHARD de CHARDIN:
hominisation et/ou
mondialisation?
23/02/07 Echange-
discussion
Matières à penser… 
débat animé par Eve Depardieu
16/03/07 Pierre GOUIRAND Le Royalisme
23/03/07 Vincent-Paul TOCCOLI Du songe :
la nécessité de l'impossible
30/03/07 Roland POUPIN

La République survivra-t-elle
aux colonies ?
II – 1794-1802


Enregistrement de la rencontre

13/04/07 Roland POUPIN La République survivra-t-elle
aux colonies ?
III – 1848-1931
4/05/07 Bruno GIULIANI La Logothérapie
(sa méthode, ses exemples)
11/05/07 Elie-Léo
GUEZ
La question
du sens
et de l'éthique dans l'entreprise
25/05/07 Roland POUPIN La République survivra-t-elle
aux colonies ?
IV – 1945-2007

Enregistrement de la rencontre
1/06/07 Vincent-Paul TOCCOLI

De l'illusion :
la nécessité de
la profanation
et du blasphème

+ notes

08/06/07 Séance de clôture-bilan Echange-
discussion
avec Eve DEPARDIEU

 

16 janvier 2007

À Cana






... DES NOCES ÉTERNELLES
    






                                                    


La suite ici :
http://rolpoup1.zeblog.com/c-dimanches-fetes


Jean 2:1-12 :

1  Or, le troisième jour, il y eut une noce à Cana de Galilée et la mère de Jésus était là.
2  Jésus lui aussi fut invité à la noce ainsi que ses disciples.
3  Comme le vin manquait, la mère de Jésus lui dit: "Ils n’ont pas de vin."
4  Mais Jésus lui répondit: "Que me veux-tu, femme? Mon heure n’est pas encore venue."
5  Sa mère dit aux serviteurs: "Quoi qu’il vous dise, faites-le."
6  Il y avait là six jarres de pierre destinées aux purifications rituelles; elles contenaient chacune de deux à trois mesures.
7  Jésus dit aux serviteurs: "Remplissez d’eau ces jarres"; et ils les emplirent jusqu’au bord.
8  Jésus leur dit: "Maintenant puisez et portez-en au maître du repas." Ils lui en portèrent,
9  et il goûta l’eau devenue vin-il ne savait pas d’où il venait, à la différence des serviteurs qui avaient puisé l’eau, aussi il s’adresse au marié
10  et lui dit: "Tout le monde offre d’abord le bon vin et, lorsque les convives sont gris, le moins bon; mais toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant!"
11  Tel fut, à Cana de Galilée, le commencement des signes de Jésus. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui.
12  Après quoi, il descendit à Capharnaüm avec sa mère, ses frères et ses disciples; mais ils n’y restèrent que peu de jours.


*

 

Rien de plus sain qu'une fête, des noces, la joie. On a souvent remarqué cet aspect de ce passage, et il faut le rappeler. Jésus ne dédaigne pas les réjouissances d'une fête toute humaine. Un repas de mariage, que le texte nous présente comme célébré parmi des proches ou des amis de sa mère (v.1) ; et qui va illustrer la joie à la résurrection (v.1 : le troisième jour), renvoyant donc à Pâques et aux noces de l’agneau.

Voilà donc dans notre texte un repas de mariage où Jésus est invité aussi, ainsi que ses disciples. C'est que, dans la civilisation de la Palestine d'alors, les fêtes de noces sont un événement considérable, qui dure toute la semaine ; et on n’invite pas seulement les amis, mais les amis des amis, qui se trouvent naturellement en pareille circonstance être eux-mêmes des amis et avoir aussi des amis qui du coup accèdent aussi au cercle des amis. La joie s'étend aux cercles les plus larges.

Sens du don et de la générosité, qui déborde tout particulièrement dans la joie ; un peu comme celle que donne l'Esprit saint, et qui ne connaît pas de calculs ni de lendemains, surtout, précisément, dans la joie. Jésus fera allusion à cela en évoquant, dans la parabole des noces, les invités du bord du chemin.

La famille en joie veut du monde pour partager sa joie. Et veut y prendre du temps. Ici la fête a beaucoup duré. Et voilà que le vin vient à manquer. Et la famille se sent au bord de l’humiliation. Les convives sont en passe de ne pas être honorés comme il se doit. Non pas que le maître ait été chiche, ou plus pauvre qu'il aurait voulu le laisser paraître, mais plutôt que la joie ayant été très grande, le vin a coulé, coulé, coulé. À cette fête que Jésus n'a pas dédaigné d'honorer de sa présence.

Il y a un temps pour tout, y compris pour la fête, qui n'a pas à être bridée parce que ce n'est pas tous les jours la fête, au contraire précisément, et tant pis pour les lendemains. Le Dieu qui pourvoit à la joie pourvoit à plus forte raison au quotidien. "Ne vous inquiétez pas pour vos lendemains, remettez cela à Dieu", dit Jésus.

Le vin vient donc à manquer avant qu'il n'ait suffisamment réjoui le cœur des participants. La nouvelle du problème commence à courir. On s'informe l'un l'autre : la fête risque bien d'être abrégée. Marie informe son fils. Et voilà de la part de Jésus une réaction étrange.

*


Jésus apparemment, perçoit cette information comme une interpellation. Venu en ce monde pour ce monde, ce qui l'entoure l'interpelle. Combien de fois ne le voyons-nous pas faire des miracles par compassion, apparemment à côté du sens qui est celui de tous ses miracles. Apparemment seulement, parce que fussent-ils œuvres de compassion, les miracles de Jésus sont toujours chargés d'une plénitude de sens qui en fait autant de portes ouvertes sur la vie spirituelle. Ce sens est d'ailleurs sans doute fort lié à ce que le monde l'interpelle, — comme on dit —, ne le laisse pas indifférent.

La fin de la fête, la fin qui s'annonce, ne le laisse pas non plus indifférent. La fin de nos fêtes. Pourquoi faut-il que nos fêtes, nos joies, se terminent toujours ? Pourquoi faut-il que ce qui commence par des chants se termine dans la frustration, dans la tristesse, en manque du vin qui réjouit le cœur de l'homme ? Cette noce, par exemple, se terminera.

À regarder plus loin, plus tard, elle se terminera mal comme toute noce, de toute façon par un deuil — il faudra se quitter lorsque, au mieux après la vieillesse, la mort viendra frapper. Il faudra bien quitter ce monde, se quitter l'un l'autre, arraché l'un à l'autre par la douleur de la mort, la joie tournera en deuil, comme la fête tourne court dans le manque de vin.

Alors Jésus donne le signe de ce qu'il est lui-même la fête éternelle, le fête où le vin ne vient jamais à manquer. Dans sa conscience du malheur du deuil prochain qui est au cœur de toutes nos fêtes, Jésus s'interpose ; il s'interpose contre le scandale du fatal manque de vin. Alors son sang bientôt coulera, vin de joie de la fête éternelle.

Qu'en savent les hommes, qu'en sait sa mère ? D'où sa façon de lui répondre sèchement : qu'y a-t-il entre toi et moi ? Toi tu es de la terre ; quant à moi qui sais le remède à la douleur des fêtes passagères, des noces promises au deuil, mon heure n'est pas encore venue, l'heure où mon sang coulera comme un vin nouveau pour le salut du monde.

C'est ce que Jésus va signifier par son miracle, attestant qu'il vit lui-même au-delà des fêtes passagères, et qu'il fait entrer dans cet au-delà ceux qui, au cœur de leur fête, savent goûter le vin de l'alliance renouvelée, alliance nouvelle et éternelle, qui purifie mieux que l'eau de toutes les aspersions dont sont remplies les jarres des purifications.

Car c'est bien de jarres de purification qu'il s'agit. Changer cette eau-là en vin, cette eau qu'il fait verser dans ces jarres-là, n'est pas le fait du hasard de la part de Jésus. Par lui prend place une nouvelle alliance, celle de la joie éternelle, où le meilleur des vins de fête ne vient jamais à manquer. C'est là la dimension où Jésus resitue la question de sa mère. On est dans un autre monde, où l'on vient par le mystère de la foi (v.11).

*


C'est que dès lors tout est à double sens. L'étonnement de l'organisateur devant la qualité de ce vin servi en fin de fête, par exemple : au premier plan, il s'agit d'une stricte interrogation sur le pourquoi de cette façon de faire : servir le bon vin à la fin. À un autre plan, il nous est indiqué que là est l'entrée dans l'alliance du Royaume, de la joie éternelle.

La façon dont Jésus répond sèchement à sa mère est aussi à double sens pour nous : il ne s'agit pas simplement d'une remise en place de celle qui n'entre que partiellement dans la pensée de celui qui pour être son fils n'en est pas moins son Dieu. Et justement parce qu'elle est la mère de son Seigneur, Marie se voit appelée à l'humilité face à celui qui est pourtant son fils. Or cela vaut aussi pour nous, qui n'avons pourtant pas le bénéfice d'une telle grâce.


Le mystère de la foi, qui permet à ses disciples de saisir dans le miracle la gloire de Jésus, est celui d'un étonnement devant le Dieu qui agit par où on ne l'attendrait pas, c'est-à-dire peut-être, d'un Dieu tout à fait libre par rapport aux conseils que l'on voudrait lui donner, par rapport aux façons d'agir que l'on voudrait lui suggérer à demi-mot — du genre "ils n'ont plus de vin, tu sais ce qu'il te reste à faire".

Prenons garde : il est des prières exaucées dont le sens sera pour nous plus dérangeant qu'une absence de réponse, des exaucements qui vont nous obliger à des bouleversements que nous ne prévoyons pas en formulant ces prières, des bouleversements tels que si nous les avions connus d'abord, nous nous serions peut-être abstenus de ces prières-là.

Et il est des façons de souffler à Dieu ce qu'il devrait nous enseigner, c'est-à-dire ce que l'on a l'habitude d'entendre — cela fait des siècles que l'on se purifie de cette façon dans ces jarres.

Si c'était nous que Jésus appelle à avoir part à l'ivresse spirituelle du vin nouveau, une ivresse à même de nous libérer. S'il nous visait aussi à travers cet attachement à des jarres, qui ne sait pas voir que Dieu veut les remplir du vin le meilleur ? Et que pour cela, dès aujourd'hui il s'agit de sortir de nos peurs, et puisque le vin de Dieu, le don de Dieu coule à flot, et pour qu'il coule à flot n'avoir pas peur de donner, de donner abondamment comme pour ces fêtes que l'on a oubliées.

*


Peut-être que là seulement est le remède à nos aveuglements, à nos certitudes que la fête doit finir le jour où finit le vin de nos vieilles outres. Mais avons-nous goûté ce vin qui ne peut que faire éclater nos vieilles outres, emplir d'ivresse nos vieilles jarres ?

Sinon, sachons qu'aujourd'hui même finit notre stock de piquette. Dieu a gardé ce bon vin qu'il nous dévoile — aujourd'hui, — car il y a encore un aujourd'hui. Il nous le dévoile aujourd'hui encore en Jésus pour nous enivrer de la liberté qui ne finit jamais, pour nous préparer aux noces éternelles.




R.P.
Juan-les-Pins La Pinède, 13.01.07
(dans le cadre de la Semaine de l’Unité)

Vence, 14.01.07

 

09 janvier 2007

Mages — aller et retour






Les chemins des Mages 





 

(Nébuleuse d'Orion - photo Alain Lopez Villanueva)




Matthieu 2, 1-12
 
1  Jésus étant né à Bethléem de Judée, au temps du roi Hérode, voici que des mages venus d'Orient arrivèrent à Jérusalem
2  et demandèrent : "Où est le roi des Judéens qui vient de naître ? Nous avons vu son astre à l'Orient et nous sommes venus lui rendre hommage."
3  A cette nouvelle, le roi Hérode fut troublé, et tout Jérusalem avec lui.
4  Il assembla tous les grands prêtres et les scribes du peuple, et s'enquit auprès d'eux du lieu où le Messie devait naître.
5  "A Bethléem de Judée, lui dirent-ils, car c'est ce qui est écrit par le prophète :
6  Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n'es certes pas le plus petit des chefs-lieux de Juda : car c'est de toi que sortira le chef qui fera paître Israël, mon peuple."
7  Alors Hérode fit appeler secrètement les mages, se fit préciser par eux l'époque à laquelle l'astre apparaissait,
8  et les envoya à Bethléem en disant : "Allez vous renseigner avec précision sur l'enfant; et, quand vous l'aurez trouvé, avertissez-moi pour que, moi aussi, j'aille lui rendre hommage."
9  Sur ces paroles du roi, ils se mirent en route; et voici que l'astre, qu'ils avaient vu à l'Orient, avançait devant eux jusqu'à ce qu'il vînt s'arrêter au-dessus de l'endroit où était l'enfant.
10  À la vue de l'astre, ils éprouvèrent une très grande joie.
11  Entrant dans la maison, ils virent l'enfant avec Marie, sa mère, et, se prosternant, ils lui rendirent hommage ; ouvrant leurs coffrets, ils lui offrirent en présent de l'or, de l'encens et de la myrrhe.
12  Puis, divinement avertis en songe de ne pas retourner auprès d'Hérode, ils se retirèrent dans leur pays par un autre chemin.


*

 

Les Mages. Ils disent la manifestation de Dieu à tous, aux nations, à toutes les nations, « manifestation » selon le sens du terme issu du grec, « épiphanie ». Voici la venue de la lumière dans l’histoire, commémorée à Noël, comme à son zénith. Le Royaume, ici, se fait plus proche.


Qui sont les Mages ?

On sait ce qu'il en est de ces Mages. Les Mages étaient la caste sacerdotale dans l’Empire perse (donc prêtres plutôt que rois — le texte ne les dit pas rois : ils sont devenus rois, « rois-mages », au regard des textes des Psaumes et d’Ésaïe — ; et ils n’étaient pas nécessairement trois — ça, ça vient du nombre de leurs cadeaux, avant de désigner les trois continents — le monde entier d’alors — qu’ils en viendront à représenter : Afrique, Asie, Europe). Des prêtres, au départ, de la caste sacerdotale des Mages, chez les Perses, de religion mazdéenne — un peu comme les Lévites pour les Hébreux.

La religion mazdéenne est connue, elle existe toujours ; elle se réclame du prophète Zoroastre (ou Zarathoustra), prophète de Ahura Mazda (comme les mazdéens nomment Dieu). C’est la dynastie des Achéménides, rois des Mèdes et des Perses dont était le célèbre Cyrus, qui l’adopta. Sous son petit-fils Darius Ier (Ve siècle av. J.-C.), le zoroastrisme est la religion en place. Après lui, son fils Xerxès Ier, puis Artaxerxès Ier (qui régna de 465 à 425 av. J.-C.) en furent aussi des fidèles (tous ces rois sont mentionnés dans plusieurs livres de la Bible : Esdras, Néhémie, Daniel, Aggée, Zacharie, Esther…). Sous leurs règnes s'opéra sans doute une synthèse des enseignements de Zoroastre et de la tradition antécédente. Artaxerxès II (qui régna de 404 à 358 av. J.-C.) vénérait Ahura Mazda, Mithra et Anahita. Le mazdéisme est resté la religion de l’Iran durant douze siècles, jusqu’à sa conversion à l’islam à partir du VIIe siècle ap. J.-C.

Cette religion (où s’opposent le Bien — Ahura Mazda, ou Ormuzd, — et le Mal — Ahriman), et qui, suite à la réforme de Zoroastre, est globalement monothéiste ; cette religion a des racines communes avec l’hindouisme, et par lui, aussi le bouddhisme. Et ses prêtres, ainsi dotés d’une représentativité universelle, sont les Mages.
 

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Comme on va le voir, le texte de Matthieu renvoie, figurez-vous, à une prophétie mazdéenne, qui incluait une référence aux astres. Un signe, que selon leur croyance, ces Mages interprètent de la sorte : un roi des Judéens est né.

Un roi des Judéens, les Mages vont donc chez Hérode : normal, il s'agit du roi de Judée en place, ils vont à la famille royale. Et c'est alors la prophétie de l'Écriture juive qui éclairera plus précisément leur chemin : ce sera plus humbles que les palais de Jérusalem. Ce sera Bethléem.

L'étoile réapparaît alors — v.10 : "à la vue de l'étoile, ils éprouvèrent une grande joie" — comme un dernier clin d’œil.

Mais attention, ici les choses, parlant de prophétie, prennent une tournure inattendue. Matthieu, on le sait, bâtit son récit de l’Enfance sur les prophéties de la Bible hébraïque. Et voilà que, chose étonnante, il y introduit une prophétie issue d’une autre religion ! 


Une autre prophétie

Des Mages aux prises avec un roi qui veut les utiliser — ici contre un rival royal potentiel. Des Mages conduits où ils ne voulaient pas aller, de Jérusalem à Bethléem…

Où l’on retrouve un épisode parallèle dans le livre des Nombres, et qui n’est pas sans éclairer celui des Mages : Balaam. Comme les Mages, « Balaam s'en alla et retourna dans son pays ; et Balaq s'en alla de son côté » (Nb 24, 25) — comme Hérode du sien. Balaam est un genre de devin, comme les Mages. Balaq lui demande de maudire Israël, comme Hérode qui dans la suite du texte, en massacrera les enfants. Et poussé par Dieu, que lui répond Balaam le devin ? — « Il n'y a pas d'augure en Jacob, ni de divination en Israël : en temps voulu il est dit à Jacob, à Israël, ce que Dieu fait » (Nombres 23, 23). Et voici ce qu’annonce Dieu par Balaam : « Je le vois, mais ce n'est pas pour maintenant; je l'observe, mais non de près : De Jacob monte une étoile, d'Israël surgit un sceptre » (Nombres 24, 17).
 
Étoile annoncée par Balaam, et que rencontrerons les Mages qui lui ressemblent sous l’angle où comme lui, ils sont des prophètes païens. Étoile qui est Jésus.
 

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C’est sans doute par ce type de biais qu’est introduit dans la tradition chrétienne ce qui est connu à l’époque comme une véritable prophétie étrangère, zoroastrienne.
 
Un texte arabe de l’Église primitive affirme :
—Zoroastre, qu’il identifie justement à Balaam — Zoroastre annonça, je cite (ch. 1, v.2), que :
« La vierge sera enceinte sans avoir connu d’homme [...]. Son enfant par la suite ressuscitera des morts ; et sa bonne nouvelle [sera connue] dans les sept climats de la terre » ; cela avec pour signe une étoile. Et plus loin, le même texte (ch. 5, v1) : « Des Mages arrivèrent d'Orient à Jérusalem, selon ce que Zoroastre avait prédit ».
 
Eh bien ! cette prophétie est effectivement connue par ailleurs. L’historien des religions Salomon Reinach, dans son
Histoire Générale des Religions rappelle l'essentiel des croyances mazdéennes à ce sujet. Je cite : « À la fin des siècles, Ahura Mazda engagera une lutte décisive contre Ahriman et l'emportera grâce à l'archange Sraoscha (l'obéissant), vainqueur du démon Ashéma. Une Vierge concevra alors un Messie, le Victorieux, le second Zoroastre qui fera ressusciter les morts et d'abord le premier mort, l'homme primitif : Gayomart ».
 
Les historiens précisent en outre qu'en Iran oriental des Mages se recueillaient chaque année sur une montagne pour y guetter durant trois jours — c’est une partie de leur culte — l'étoile du grand roi.
 

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Du coup, pour étrange qu'il nous apparaisse, notre récit sur les Mages prend tout un sens. Dans le cadre de leur attente mazdéenne, des zoroastriens à Jérusalem ? Eh bien, c’est tout à fait envisageable ! Depuis longtemps, des contacts étaient noués entre Israël et les peuples où il a été dispersé. La Bible parle en bien du roi Cyrus.
 
Le dialogue interreligieux est à l’époque chose naturelle. Ça l’est resté jusqu’au Moyen Âge occidental, où l’Europe a été coupée du reste du monde suite aux invasions de la fin de l’Antiquité. Le contact avec les autres religions et cultures est alors devenu agressif puisqu’on ne les connaissait plus et qu’elles étaient perçues comme menaçantes pour la foi. Cette habitude a parfois persisté même après la redécouverte du reste du monde. Quand on a pris l’habitude de se croire seul… on garde des réflexes, qui en l’occurrence témoignent au fond d’une foi mal assurée, réflexes qui peuvent cesser quand on sait en qui l’on a cru.
 
À l’époque du Nouveau Testament, le dialogue avec les autres cultures et religions était naturel. On se nourrissait même de la réflexion d’autrui. Et dans les deux sens. On sait par exemple que Perses, justement, croyaient à la résurrection non seulement avant la résurrection du Christ, mais même quatre ou cinq siècles avant : c’est leur réflexion qui les avait amenés à une conviction que le judaïsme a lui aussi reconnue juste.
 
Et en sens inverse, l'attente messianique juive avait rejoint des convictions d’autres peuples, et dépassait alors largement les frontières d'Israël. La Bible est alors traduite en grec depuis deux siècles !
 
Le contact est plus particulièrement étroit avec les pensées les plus proches de le religion du Dieu unique (ainsi Paul et les philosophes d'Athènes — Ac 17). Et donc avec une religion comme le zoroastrisme — la religion des Mages, donc.
 
Un signe des temps, ces temps prophétisés par Ésaïe, et dont Paul deviendra le grand annonciateur. Voilà un Dieu qui accompagne ceux qui cherchent son salut, même païens, même de façon confuse, jusque dans leur démarche confuse.
 
Un Dieu qui prend le risque de frayer sur les chemins de ce monde, qui prend le risque de l'Incarnation, pour mener ce monde, pour mener la chair, jusqu'à la folie de la rencontre d’un enfant, qui est en fait le Fils de Dieu.
 
Un enfant humble de parents humbles chez qui entrent de prestigieux prêtres étrangers, déposant aux pieds de l'infini mystère la richesse de leur or, l'encens de leurs prières, et la myrrhe qui parfume les vivants et les morts. À nous de les y accompagner.
 
Le message de Dieu a rompu les frontières : c'est ce qui est au cœur de ce récit : Dieu est manifesté au monde. Il nous a accompagnés, et nous accompagne dans les méandres de nos réalités afin que nous vivions de sa seule grâce au cœur du monde où nous frayons.
 

Le chemin de Dieu
 
Car voilà que face à la recherche de la sagesse, Dieu a opposé la folie de sa présence dans un enfant ; la foi miraculeuse à la faiblesse d’un enfant. À ce point, c’est à nous d’emboîter le pas des Mages et de leur histoire étrange.
 
Rappelez-vous (v.9-10) : « l'astre, qu'ils avaient vu à l'Orient, […] vînt s'arrêter au-dessus de l'endroit où était l'enfant. À la vue de l'astre, ils éprouvèrent une très grande joie. » « De Jacob monte une étoile » avait dit Balaam. Arrêtée au-dessus de l’enfant, l’étoile est le signe de sa provenance, céleste. Cet enfant vient des cieux à notre rencontre, sur nos chemins, même tortueux comme celui des Mages païens ; avec nous mystérieusement, comme la trace d’une étoile, jusqu’à ce carrefour où s’arrête l’étoile et où l’on repart « par un autre chemin ».
 
Un chemin d’humilité : voilà des Mages arrivés dans la ville royale, Jérusalem, s’attendant au palais d’Hérode — et qui se retrouvent dans un village pauvre. Les voilà qui, loin des honneurs royaux, repartent en catimini, dans l’humilité. C’est la leçon qui nous est donnée aussi : on rencontre le Messie dans l’humilité, une humilité qui seule élève : où peut-être les Mages seront perçus à juste titre comme des rois, représentant les continents lointains — d’une royauté qui n’est pas celle des vanités humaines…
 
Un autre chemin. L’enfant était l’étoile, il est désormais le chemin. Nous n’avons pas eu le cheminement des Mages. Nous avons eu chacun les nôtres, ceux de nos espérances, de nos étoiles confuses, de nos religiosités, de nos soucis, de nos fardeaux, jusqu’à l’enfant, qui mystérieusement, nous a guidés et accompagnés jusque là. À présent l’étoile s’arrête, dévoilant l’enfant, nouveau chemin, lumineux, où nous sommes à présent envoyés avec lui... « un autre chemin ».





R.P.
Antibes 07.01.07
et 08.01.07 (AEF)