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19 février 2006

Voyant leur foi...



... Jésus lui dit...








La grâce et la paix vous sont données de la part de Dieu notre Père et de Jésus-Christ notre Sauveur.

Louange (Ps 118, 1-4)
Célébrez le SEIGNEUR, car il est bon, et sa fidélité est pour toujours.
Qu’Israël le redise: "Sa fidélité est pour toujours!"
Que la maison d’Aaron le redise: "Sa fidélité est pour toujours!"
Que ceux qui craignent le SEIGNEUR le redisent: "Sa fidélité est pour toujours!"

Confession du péché
Sa fidélité est pour toujours. Et « si nous sommes infidèles, Lui demeure fidèle, Car il ne peut se renier lui-même » (2 Tim 2, 13) : nous pouvons venir à lui dans l’humilité, confesser nos fautes avec confiance :
« O Dieu! fais-moi grâce selon ta bienveillance,
Lave-moi complètement de ma faute, Et purifie-moi.
Car je reconnais mes fautes, j’ai fait le mal à tes yeux,
En sorte que tu seras juste dans ta sentence, Sans reproche dans ton jugement. » (Psaume 51, 1-4)

Paroles de grâce (Ps 118, 16-20)
La droite du SEIGNEUR est levée! la droite du SEIGNEUR fait un exploit!"
Non, je ne mourrai pas, je vivrai pour raconter les œuvres du SEIGNEUR:
Certes le SEIGNEUR m’a repris, mais il ne m’a pas livré à la mort.
Ouvrez-moi les portes de la justice, j’entrerai pour célébrer le SEIGNEUR.
- C’est la porte du SEIGNEUR; que les justes entrent!

(Ésaïe 43, 18-19 & 25)
Ne vous souvenez plus des premiers événements, ne ressassez plus les faits d’autrefois. Voici que moi je vais faire du neuf qui déjà bourgeonne; ne le reconnaîtrez-vous pas ? J’efface, par égard pour moi, tes révoltes, je ne garde pas tes fautes en mémoire.

Toutes les promesses de Dieu ont trouvé leur OUI dans la personne du Fils de Dieu, le Christ Jésus. Et celui qui nous affermit en Christ et qui nous donne l’onction, c’est Dieu, lui qui nous a marqués de son sceau et a mis dans nos cœurs les arrhes de l’Esprit (2 Corinthiens 1, 20-22).

Loi (Ps 118, 21-23)
Je te célèbre car tu m’as répondu, et je te dois la victoire.
La pierre que les maçons ont rejetée est devenue la pierre angulaire.
Cela vient du SEIGNEUR: c’est une merveille à nos yeux!
(V. 17 :) « Je vivrai pour raconter les œuvres du SEIGNEUR. »
Allez le vivre et le dire !

Prière avant la lecture des Écritures
Dieu, qui nous a marqués de son sceau et a mis dans nos cœurs les arrhes de l’Esprit (2 Co 18, 22), répande sur nous son Esprit qui nous ouvre à sa parole.

 

(La base liturgique ci-dessus - cf. le souhait d’un lecteur de ce blog - est reprise de textes du jour.)

 


Marc 2, 1-12

1 Quelques jours après, Jésus rentra à Capharnaüm et l’on apprit qu’il était à la maison.
2 Et tant de monde s’y rassembla qu’il n’y avait plus de place, pas même devant la porte. Et il leur annonçait la Parole.
3 Arrivent des gens qui lui amènent un paralysé porté par quatre hommes.
4 Et comme ils ne pouvaient l’amener jusqu’à lui à cause de la foule, ils ont découvert le toit au-dessus de l’endroit où il était et, faisant une ouverture, ils descendent le brancard sur lequel le paralysé était couché.
5 Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé: "Mon fils, tes péchés sont pardonnés."
6 Quelques scribes étaient assis là et raisonnaient en leurs cœurs:
7 "Pourquoi cet homme parle-t-il ainsi? Il blasphème. Qui peut pardonner les péchés sinon Dieu seul?"
8 Connaissant aussitôt en son esprit qu’ils raisonnaient ainsi en eux-mêmes, Jésus leur dit: "Pourquoi tenez-vous ces raisonnements en vos cœurs?
9 Qu’y a-t-il de plus facile, de dire au paralysé: Tes péchés sont pardonnés, ou bien de dire: Lève-toi, prends ton brancard et marche?
10 Eh bien! afin que vous sachiez que le Fils de l’homme a autorité pour pardonner les péchés sur la terre…" -il dit au paralysé:
11 "Je te dis: lève-toi, prends ton brancard et va dans ta maison."
12 L’homme se leva, il prit aussitôt son brancard et il sortit devant tout le monde, si bien que tous étaient bouleversés et rendaient gloire à Dieu en disant: "Nous n’avons jamais rien vu de pareil!"


Tout d'abord, imaginons la scène. Quatre plans principaux, quatre niveaux dont les acteurs vont chacun intervenir : d'abord, le cercle le plus excentré, la foule. Au centre, Jésus. Entre ces deux plans, le paralysé et ses amis qui se sont démenés farouchement pour venir à Jésus, d'une part ; et les scribes, de l’autre.

Jésus prononce une parole qui laisse tout le monde pantois : "Tes péchés sont pardonnés", dit-il au paralytique. Etonnement de la foule, bien sûr, mais aussi, en premier lieu, du paralysé, et — bien sûr — des scribes.

Le paralysé, tout d'abord. Mettons-nous à sa place. Il était — lui avec ses amis —, fondé à attendre autre chose qu'une déclaration de pardon des péchés. Sachant la réputation de Jésus qui a attiré cette foule nombreuse, il est peut-être déçu, étant venu chercher autre chose qu'une telle déclaration. Que va-t-on chercher à Lourdes ? Si l'on n'y attendait que des déclarations de pardon, il y aurait vraisemblablement moins de monde...

Autres acteurs qui entrent alors en jeu : les scribes. Eux, leur trouble est d'une autre nature. Il ne relève pas de la déception. En connaisseurs de la Bible, leur trouble est d'ordre légal. Et — Jésus le sait — il est parfaitement légitime. C'est là, sans doute, qu'il a joué de la provocation.

Jésus sait qu'ils ont forcément raison : qui peut pardonner, sinon Dieu seul ? — Pour comprendre, pensons aux débats contemporains sur le pardon : Shoah, déportations et exploitation esclavagistes... L'immensité de l'offense permet de savoir qu'il est des pardons que l'on ne peut pas exiger d'autrui. Des offenses dont les conséquences sont si immenses que Dieu seul peut en avoir la perspective, et donc que lui seul peut en envisager le pardon. Ici, requérir d'autrui l'octroi du pardon relève même de l'indécence. Et c’est vrai, au fond, de toute offense : qui peut la mesurer pour autrui ? Alors si, certes, ma paix est à ce prix : pardonner de tout mon cœur l'offense qui m'a été faite — qui suis-je pour exiger d'autrui qu'il pardonne des offenses qui ne m'ont pas été faites à moi et, à plus forte raison, pour carrément octroyer le pardon pour le tort qui ne m'a pas été fait à moi ? ! Jésus exagère, pensent les scribes. Ils ont raison, sait Jésus.

Et là se place le second coup d'éclat, après la première provocation : la guérison du paralysé. Lui est content, cette fois. Mais Jésus laisse l’assistance de plus en plus perplexe. Est-il en train de confirmer ce vieux discours, réfuté par le livre de Job, réfuté aussi par tant d'autres parmi les scribes et les pharisiens, discours qui voudrait que maladie ou handicap soient bien mérités par leurs victimes ? Pécheurs qu'ils sont, ils ne l'ont pas volé ! Discours toujours actuel sous couleur d'ordre médical : cancer ? Fumeur ou buveur. Sida ? Transgression des règles prophylactiques d'usage de la sexualité, etc…

Certes, Jésus n'a jamais minimisé le péché ni la gravité de ses conséquences ; on vient de le dire à propos du pardon, mais ne nous y trompons pas. Son second coup d'éclat ne dit rien de cela. Le pardon n'est pas un préalable pour une guérison qui supposerait absence de péché.

Autre perplexité parallèle : le pardon des péchés est-il donc considéré par Jésus comme moindre quantité que la guérison d'une paralysie ? Le paralysé, lui, et on le comprend, peut être porté vers cette autre idée suite au miracle dont il bénéficie. Mais il ne s'y trompe pas, ni lui, ni les scribes. Jésus n'est pas en train d'expliquer l'énormité de sa parole de pardon par un geste qui voudrait la minimiser de cette autre façon : je sais faire mieux, le pardon des péchés n'est pas grand-chose, ce n'est que des mots. Non ! Pas question de glisser à cette autre aberration.

Par ces deux coups d'éclats successifs, sa parole de pardon et son miracle, Jésus est en train de donner une leçon époustouflante sur la grâce. C'est le pardon des péchés, cette libération infinie, qui est la chose fondamentale, énorme. Les scribes le savent. Et, pour appuyer la chose, la souligner encore, pour que tous voient, il renvoie le paralysé guéri ! Lui ne demande pas son reste. Il aura de quoi méditer dans les jours qui suivent.

Les scribes sont abasourdis : qui est donc celui-ci ? La foule, l'acteur périphérique, réapparaît alors pour leur donner la réponse : "Nous n'avons jamais rien vu de pareil", et de rendre gloire à Dieu. Celui-ci, le Fils de l'homme qui est dans les cieux, est ce que l'on soupçonne. Il a réellement, comme il le prétend, le pouvoir de pardonner les péchés. Par lui, le Royaume de Dieu s'est bien approché. Les cieux s'ouvrent...

Est apparu u un détail vertigineux. Reprenons la scène initiale : une foule compacte. Tous se pressent, faisant fi de la chaleur, de la transpiration, des odeurs, de l'ambiance... Il y a là plus important que nos fiertés et nos répugnances, on le pressent, on le sait. Et voilà les amis de notre paralysé, bien décidés à présenter leur homme à Jésus, malgré la difficulté. Ils dégarnissent le toit. Regards désapprobateurs. Persistance quand même ; ils réussissent enfin à présenter leur ami à Jésus. Et là apparaît le détail exorbitant, l'immensité de la grâce : voyant leur foi, dit le texte, leur foi à eux, Jésus déclare le pardon des péchés de leur ami. Il n'est pas sauvé par sa foi, mais bien par la grâce, signifiée non pas à sa foi à lui, mais à celle de ses amis.

Si nous hésitons encore sur le poids de la prière, sur le poids de la confiance en la grâce, sur toute la solidarité, de prière donc, déjà, qu'elle permet, alors méditons bien ce texte : voyant leur foi, celle de ses amis, Jésus dit au paralysé : « Tes péchés sont pardonnés ».

Aujourd'hui, Jésus octroie une grâce plus grande que notre foi. Notre foi ne consiste qu'à demander à Jésus de venir au secours de notre incrédulité. Alors nous sommes tous comme autant de paralysés, qui ne savons pas marcher dans l'espérance, rongés d'un pessimisme bien naturel quand on voit ce que nous apporte le monde de douleurs et d'angoisses. Nous sommes des paralysés nous soutenant les uns les autres. La foi des uns vient au secours de l'incrédulité des autres. Le paralysé est sauvé à cause de la foi de ses amis. Ou plutôt de la grâce de Dieu qui précède tous les appels que nous lui adressons. Il n'y a pas à compter sur notre justice, aussi grande soit-elle ; il n'y a pas à compter sur notre foi, aussi grande la croirions-nous. Notre secours est en Dieu seul et en la grâce qu'il nous a montrée en Jésus-Christ, le même qui, ressuscité, est vivant aujourd'hui au milieu de nous.
Paul a cette formule superbe qui résume cela à merveille : nous sommes sauvés par la foi de Jésus-Christ. Le Christ croit pour nous ; c'est cela le cœur de la grâce : il croit pour nous, comme les amis du paralysé ont cru pour lui.


Que Dieu nous donne les oreilles pour entendre cette parole, qu'il nous donne de repartir avec toute la confiance en la grâce, avec la foi à la puissance de l'intercession, celle du Christ, d'abord, avec le flot de lumière et de grâce qui découle de ce Fils de l'homme, Jésus, qui a sur la terre pouvoir pour pardonner.


R.P.



16:55 Écrit par rolpoup dans Dimanches & fêtes | Lien permanent | Commentaires (0)

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